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Kréyòl Matinik

Culture créole de Martinique

Une langue ne se réduit pas à sa grammaire et à son vocabulaire. Le créole martiniquais a une histoire scolaire, des écrivains, des contes, une musique et une façon bien à lui de cohabiter avec le français. Ces pages donnent les repères qu'aucun lexique ne fournit.

Les pages de cette rubrique

Pourquoi s'intéresser à la culture quand on apprend la langue

On peut connaître deux cents mots de créole et ne rien comprendre à une conversation, parce que la moitié de ce qui se dit repose sur des références partagées : un personnage de conte, un refrain que tout le monde connaît, une allusion à l'école d'autrefois. Ces références ne se trouvent pas dans un dictionnaire.

La culture explique aussi des difficultés très concrètes. Si le même mot s'écrit de trois façons sur trois affiches, c'est parce que l'orthographe du créole n'est enseignée que depuis peu. Si une chanson emploie une tournure absente de ce site, c'est souvent qu'elle est guadeloupéenne. Savoir d'où vient la langue aide à s'y retrouver.

Une langue qui a dû gagner sa place

Le fil qui relie ces articles est le même : pendant longtemps, le créole a été tenu pour un parler sans valeur, qu'on n'écrivait pas, qu'on n'enseignait pas et qu'on demandait aux enfants d'éviter. Tout ce qui fait aujourd'hui sa visibilité a été conquis en une cinquantaine d'années.

  • Une orthographe commune, grâce au travail du GEREC à partir de 1975.
  • Une place à l'école, avec un concours de recrutement des professeurs depuis 2001.
  • Une littérature, des fables de 1846 aux romans des années 1980.
  • Une reconnaissance par la musique, du bèlè remis à l'honneur au succès mondial du zouk.

Cette histoire récente explique l'attachement des Martiniquais à leur langue, et l'accueil qu'ils réservent à ceux qui font l'effort de l'apprendre.

Comment ces pages sont écrites

Les articles de cette rubrique sont rédigés en français. Ils citent des dates, des auteurs et des œuvres que chacun peut vérifier, et renvoient aux livres plutôt que de les résumer. Les seuls mots créoles qui y figurent sont des titres, des noms de genres musicaux et les formules traditionnelles du conte.

Si vous relevez une erreur de date, un oubli ou une approximation, écrivez-nous : ces pages sont corrigées comme le lexique, au fil des remarques de leurs lecteurs.

Questions fréquentes

Faut-il connaître la culture martiniquaise pour apprendre le créole ?
Ce n'est pas indispensable pour débuter, mais cela devient vite utile : une bonne part des conversations repose sur des références aux contes, aux chansons et à l'histoire de l'île.
Le créole martiniquais a-t-il une littérature ?
Oui. Le premier livre en créole martiniquais date de 1846, et des romans entiers ont été écrits dans la langue à partir de 1985.
Depuis quand le créole est-il reconnu en Martinique ?
Progressivement depuis les années 1970 : une graphie commune à partir de 1975, un cadre d'enseignement en 1982, un concours de recrutement des professeurs en 2001.