Aller au contenu principal
Kréyòl Matinik

Se présenter et faire connaissance en créole

Se présenter en créole n'est pas un exercice de style : c'est un signe qu'on ne considère pas la langue comme un folklore.

ParPaul-Henri Dufourcq· mis à jour le

Les premières phrases

  • Bonjou, sa ou fé ?

    Bonjour, comment ça va ?

  • Man byen, mèsi

    Je vais bien, merci

  • Épi'w ?

    Et toi ?

  • Ki non'w ?

    Comment tu t'appelles ?

  • Non mwen sé Mari

    Je m'appelle Marie

  • Kontan wè'w

    Content de te voir

« Sa ou fé ? » se traduit mot à mot par « qu'est-ce que tu fais ? », mais fonctionne comme un « comment ça va ? ». Répondre en détaillant sa journée serait un contresens. C'est la salutation à retenir en priorité : « Ka ou fè ? », qu'on lit souvent, est la forme guadeloupéenne.

Aller un peu plus loin

  • Ola ou ka rété ?

    Où habites-tu ?

    à vérifier

  • Man ka aprann kréyòl

    J'apprends le créole

    à vérifier

  • Man pa ka palé bien

    Je ne parle pas bien

    à vérifier

Ces trois phrases sont signalées comme à confirmer : elles sont construites à partir des règles, mais nous n'avons pas encore eu de relecture par un locuteur natif. Si vous en êtes un, écrivez-nous.

Prendre congé

  • A talè

    À tout à l'heure

  • A dèmen

    À demain

  • Ovwè

    Au revoir

Ce qui vient après les présentations

Se présenter est la partie facile : les formules sont courtes et se mémorisent en quelques minutes. La difficulté arrive juste après, quand l'interlocuteur enchaîne et qu'il faut comprendre une question qu'on n'avait pas prévue.

Une bonne part de ces questions se construit sur un même élément initial, qui sert à former la plupart des interrogatifs de la langue. Le repérer permet d'identifier qu'on vous pose une question, même sans comprendre le mot qui suit — information déjà précieuse, puisqu'elle autorise à demander une reformulation plutôt qu'à rester muet.

L'autre réflexe utile est d'avoir préparé une phrase pour dire qu'on ne comprend pas et une autre pour demander de répéter plus lentement. Elles servent bien davantage que les formules de présentation, et ce sont souvent les dernières que les débutants apprennent.

Ce qu'on ne demande pas

Une conversation qui s'engage bien peut dérailler sur un sujet mal choisi. Deux terrains méritent la prudence pour un visiteur. Le premier est celui des origines : demander à quelqu'un « d'où il vient vraiment » dans une société marquée par l'histoire coloniale n'a pas la neutralité qu'on lui prête depuis l'Hexagone.

Le second est le créole lui-même comme objet de curiosité. Demander à quelqu'un de « dire quelque chose en créole », ou lui faire répéter une formule pour le plaisir de l'entendre, transforme un interlocuteur en attraction. L'intention est presque toujours bienveillante, l'effet rarement.

La règle qui couvre les deux cas est la même : s'intéresser à la langue en l'apprenant plutôt qu'en la faisant exhiber. C'est précisément ce qui distingue un visiteur qui essaie de parler créole d'un visiteur qui le collectionne.

Questions fréquentes

Comment demander son nom à quelqu'un en créole martiniquais ?
« Ki non'w ? », littéralement « quel nom à toi ? ».
Que répondre à « Sa ou fé ? »
« Man byen » (je vais bien), ou « Man byen, mèsi ». C'est une salutation, pas une vraie question sur votre activité.
Quelles phrases faut-il préparer en plus des présentations ?
Celles qui permettent de dire qu'on ne comprend pas et de demander de répéter plus lentement. Elles servent bien plus souvent que les formules de présentation elles-mêmes.
Comment reconnaître qu'on vous pose une question ?
La plupart des interrogatifs se construisent sur un même élément initial. Le repérer suffit à identifier une question, même sans comprendre le mot qui suit.
Y a-t-il des sujets à éviter en engageant la conversation ?
Les questions sur les origines demandent de la prudence dans une société marquée par l'histoire coloniale. Demander à quelqu'un de « dire quelque chose en créole » met également mal à l'aise, même avec une intention bienveillante.