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Kréyòl Matinik

Compter en créole martiniquais

La numération créole suit celle du français, y compris ses irrégularités à partir de soixante-dix. Les formes écrites, elles, sont propres au créole.

31 entrées en graphie GEREC-2, dont 4 en attente de relecture par un locuteur natif.

ParPaul-Henri Dufourcq· mis à jour le

Traductions français – créole martiniquais pour ce thème
FrançaisKréyòl matinik
unyonn« yonn » compte ; devant un nom on emploie l'article « an » (an kay = une maison)
deuxdé
troistwa
quatrekat
cinqsenk
sixsis
septsèt
huituit
neufnèfhomographe de l'adjectif « nèf » (neuf, nouveau)
dixdis
onzewonzEn attente de relecture par un locuteur natif
douzedouz
treizetrèz
quatorzekatòz
quinzekenz
seizesèz
dix-septdisèt
dix-huitdizuit
dix-neufdiznèf
vingtven
trentetrant
quarantekarant
cinquantesenkant
soixanteswasant
soixante-dixswasanndisEn attente de relecture par un locuteur natif
quatre-vingtskatrèvenEn attente de relecture par un locuteur natif
quatre-vingt-dixkatrèvendisEn attente de relecture par un locuteur natif
centsanhomographe de « san » (sang) et de « san » (sans) : le contexte tranche
millemil
premierprèmyé
dernierdènyé

Une numération française, y compris dans ses bizarreries

Le créole martiniquais compte comme le français, et il en a hérité les irrégularités. Le système reste décimal et régulier jusqu'à soixante, puis bascule dans les additions et les multiplications qui font la réputation de la numération française auprès des étrangers.

Pour un francophone, c'est une excellente nouvelle : il n'y a rien à réapprendre de la logique, seulement des formes à reconnaître. Contrairement à ce qui se passe pour la grammaire, l'intuition française est ici un guide fiable.

Les ordinaux, en revanche, sont très peu nombreux. Au-delà des deux premiers rangs, le créole ne dispose pas d'une série complète comparable à celle du français et procède autrement. C'est une simplification, mais elle déroute au début.

Compter et déterminer sont deux choses

Une distinction utile oppose le nombre employé seul, pour compter, et le nombre employé devant un nom. Le créole n'utilise pas la même forme dans les deux cas pour l'unité : compter jusqu'à un et dire « une maison » relèvent de deux mots distincts.

Ce point échappe souvent aux débutants, parce que le français utilise le même mot pour les deux fonctions. C'est pourtant une erreur audible, et facile à corriger une fois qu'on sait qu'il faut la surveiller.

Ce thème contient par ailleurs l'un des cas d'homographie les plus spectaculaires de la langue : une même forme peut correspondre à trois mots français sans aucun rapport entre eux. C'est un bon rappel que le créole écrit se lit toujours en contexte, jamais mot par mot.

À savoir

  • « Yonn » sert à compter. Devant un nom, on emploie l'article « an » : « an kay » (une maison).
  • « Nèf » signifie à la fois neuf (le chiffre) et neuf (nouveau).
  • « San » cumule trois sens : cent, sang, et sans. C'est le contexte qui décide.
  • La numération continue de suivre le français au-delà de soixante : « swasanndis » (soixante-dix) additionne soixante et dix, « katrèven » (quatre-vingts) multiplie quatre par vingt, exactement comme en français hexagonal.
  • « Prèmyé » et « dènyé » (premier, dernier) sont les seuls ordinaux courants du créole : au-delà, on revient le plus souvent au nombre cardinal suivi du nom, sans suffixe ordinal dédié.

Questions fréquentes

La numération créole est-elle plus simple que la française ?
Non, elle en reprend la logique, y compris les irrégularités à partir de soixante-dix. En revanche il n'y a presque rien à réapprendre pour un francophone.
Comment dit-on « un » devant un nom ?
Le mot qui sert à compter et celui qui détermine un nom ne sont pas les mêmes. La confusion est courante chez les débutants parce que le français emploie une seule forme.
Existe-t-il des nombres ordinaux en créole ?
Seulement pour les premiers rangs. Au-delà, le créole ne dispose pas d'une série complète et procède autrement qu'avec un suffixe ordinal.