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Kréyòl Matinik

La nature et la météo en créole martiniquais

Certains de ces mots ont fait le chemin inverse et sont passés dans le français de Martinique. On dit « un morne » et « un cyclone » en français local sans les traduire.

25 entrées en graphie GEREC-2, dont 1 en attente de relecture par un locuteur natif.

ParPaul-Henri Dufourcq· mis à jour le

Traductions français – créole martiniquais pour ce thème
FrançaisKréyòl matinik
eaudlo
merlanmè
plagelaplaj
sablesab
soleilsoley
lunelalin
étoilezétwal
cielsyèl
nuagenyajEn attente de relecture par un locuteur natif
pluielapli
Il pleutLapli ka tonbé
ventvan
Il fait chaudFè choaussi accepté : I ka fè cho
Il fait froidFè fwèt
chaudcho
froidfwètaussi accepté : fret
feudifé
terretè
montagnemòn« mòn » désigne les collines de Martinique, terme passé dans le français local
rivièrerivyèaussi accepté : larivyè
arbrepyébwa
fleurflè
forêtbwa
jardinjaden
cyclonesiklòn

Des mots créoles passés dans le français de Martinique

Ce thème est le seul du lexique où la circulation s'est faite dans les deux sens. Le créole a massivement emprunté au français, mais pour décrire le relief et le climat antillais, c'est le français local qui a emprunté au créole : le mot qui désigne les collines volcaniques de l'île s'emploie tel quel en français de Martinique, sans guillemets et sans traduction.

La raison est simple : ces réalités n'existaient pas dans le français d'origine. Il n'y avait pas de mot hexagonal disponible pour un relief, une végétation et des phénomènes météorologiques qui n'ont pas d'équivalent en Europe. Le créole a fourni le vocabulaire manquant.

Un visiteur attentif repérera donc ces mots dans des conversations entièrement françaises, sur un bulletin météo local ou un panneau de randonnée. Ce sont des points d'entrée commodes : on les apprend une fois et on les entend partout.

Parler du temps qu'il fait sans sujet

La météo est aussi un terrain grammatical intéressant. Là où le français impose un sujet impersonnel — le « il » de « il pleut », qui ne désigne personne —, le créole s'en passe le plus souvent. La tournure se réduit au verbe et à ce qu'il décrit.

Une autre construction fréquente fait du phénomène lui-même le sujet de la phrase : plutôt qu'un sujet vide, c'est la pluie qui tombe. Le résultat est une syntaxe plus économique que celle du français, et parfaitement régulière une fois le principe compris.

Enfin, plusieurs mots de ce thème couvrent un champ plus large que leur traduction française, notamment celui qui désigne à la fois le bois comme matière et la forêt comme lieu. Le français tranche par deux mots, le créole par le contexte.

À savoir

  • « Mòn » désigne les collines volcaniques de l'île. Le mot est passé tel quel dans le français des Antilles.
  • « Fè cho » se passe de sujet : littéralement « fait chaud ». On entend aussi « I ka fè cho ».
  • « Lanmè » (la mer) est l'un des exemples d'agglutination les plus nets du créole : l'article « la » a fusionné avec « mer » pour ne plus former qu'un seul mot, comme « lanmen » (la main, voir la page corps).
  • D'autres phénomènes météo se construisent, comme « fè cho », sans sujet exprimé : « Lapli ka tonbé » (il pleut) fonctionne littéralement comme « la pluie tombe », le nom du phénomène devenant lui-même le sujet.
  • « Siklòn » (cyclone) est un emprunt direct au français, sans agglutination d'article contrairement à beaucoup de noms de ce thème — un signe que le mot est entré plus tardivement dans la langue.
  • « Bwa » désigne à la fois le bois et la forêt, deux sens que le français distingue. Le créole tranche par un seul mot, à charge du contexte de préciser lequel.

Questions fréquentes

Pourquoi certains mots créoles s'emploient-ils en français de Martinique ?
Parce qu'ils nomment des réalités locales sans équivalent dans le français hexagonal, notamment le relief et le climat. Le français local les a repris tels quels.
Comment dit-on « il pleut » en créole martiniquais ?
La construction ne passe pas par un sujet impersonnel comme le « il » français. Le créole fait le plus souvent du phénomène lui-même le sujet, ou se passe de sujet exprimé.
Le créole distingue-t-il le bois et la forêt ?
Non, un seul mot couvre les deux sens que le français sépare. C'est un exemple parmi d'autres où la traduction française du lexique est une approximation plutôt qu'une équivalence.