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Kréyòl Matinik

Expressions courantes en créole martiniquais

Des phrases complètes, prêtes à l'emploi. Les apprendre telles quelles est plus efficace que de construire mot à mot depuis le français.

33 entrées en graphie GEREC-2, dont 3 en attente de relecture par un locuteur natif.

ParPaul-Henri Dufourcq· mis à jour le

Traductions français – créole martiniquais pour ce thème
FrançaisKréyòl matinik
Qu'est-ce que tu fais ?Sa ou ka fè ?sens littéral, quand on demande vraiment l'activité de quelqu'un. Comme salutation, c'est « Sa ou fé ? » qui s'emploie
Allons-y !An nou alé !
Au secours !Anmwé !cri d'alerte, propre aux Antilles
Qu'est-ce qui se passe ?Sa ki ka pasé ?
Tant pis pour toiZafè'wlittéralement « tes affaires »
Du calmeMoliEn attente de relecture par un locuteur natif
VoiciMe voiciMiMi mwenEn attente de relecture par un locuteur natif
Je ne sais pasMan pa sav
Je ne comprends pasMan pa konprann
Je ne parle pas créoleMan pa ka palé kréyòl
Parle plus lentementPalé pli dousman
Répète s'il te plaîtRépété souplé
Qu'est-ce que c'est ?Sa sa yé ?
Où vas-tu ?Ola ou ka alé ?
J'ai faimMan ni fen
J'ai soifMan ni swaf
Je suis fatiguéMan las
Je t'aimeMan enmen'w
C'est bonI bon
C'est beauI bèl
Fais attentionFè atansyon
Donne-moiBan mwen
Viens iciVini isi-a
Laisse-moi tranquilleKité mwen trankil
Il fait chaud aujourd'huiFè cho jòdi-aaussi accepté : I ka fè cho jòdi-a
tout le mondetout moun
quelque chosean bagay
Je vais à la maisonMan ka alé lakayEn attente de relecture par un locuteur natif
Combien ça coûte ?Konmen i ka kouté ?
Comment fais-tu ça ?Koumannyé ou ka fè sa ?« koumannyé », pas « kouman », dans cette tournure — validé par un locuteur natif martiniquais
Comment vas-tu faire ça ?Koumannyé ou kay fè sa ?« kay » est une variante du marqueur futur « ké » — validé par un locuteur natif martiniquais
C'est trop cherI two chè
Je voudraisMan té ké vlé« té ké » marque le conditionnel

Apprendre des blocs plutôt que des mots

La méthode qui consiste à mémoriser du vocabulaire puis à assembler des phrases fonctionne mal au début, dans n'importe quelle langue. Elle fonctionne particulièrement mal en créole pour un francophone, parce que l'assemblage suit des règles qu'il n'a pas encore acquises et que son intuition le trahit.

Les expressions rassemblées ici s'apprennent donc telles quelles, comme des unités. Elles sont immédiatement utilisables, et elles fournissent en prime des modèles de construction : une fois qu'une phrase est en mémoire, la structure qu'elle contient devient reconnaissable dans d'autres énoncés.

C'est la raison pour laquelle plusieurs de ces expressions combinent des mots vus ailleurs dans le lexique. Les repérer est un bon exercice : il transforme une phrase mémorisée en règle comprise.

Les expressions qui ne se traduisent pas

Certaines formules n'ont pas d'équivalent français, non par insuffisance de traduction mais parce qu'elles répondent à des situations que le français ne code pas de la même façon. Le cri d'alerte propre aux Antilles en est l'exemple type : aucun mot français ne remplit exactement la même fonction, et il faut l'apprendre comme une unité indivisible.

D'autres constructions, à l'inverse, sont parfaitement systématiques mais suivent une logique différente de celle du français. L'invitation collective se forme avec un élément placé devant le verbe plutôt qu'avec une forme verbale dédiée comme l'impératif français.

Enfin, le conditionnel de politesse se construit en combinant deux marqueurs. C'est l'un des premiers endroits où le système des marqueurs montre sa puissance : deux éléments simples, associés, produisent une valeur que le français exprime par une forme verbale entière.

À savoir

  • « Man ni fen » se construit avec « ni » (avoir) : littéralement « j'ai faim », comme en français.
  • « Man té ké vlé » (je voudrais) emploie le double marqueur « té ké », qui forme le conditionnel.
  • Beaucoup de ces phrases combinent des mots déjà vus dans d'autres thèmes : « Man ni fen » réunit le verbe « ni » (avoir) et « fen » (la faim), vus dans la page nourriture. Retenir le vocabulaire de base permet de reconstruire soi-même une bonne partie de ces expressions.
  • « Anmwé ! » est un cri d'alerte propre aux Antilles, sans équivalent direct en français : il ne se traduit pas mot à mot, il s'apprend comme une unité.
  • L'invitation collective se construit avec « an nou » devant le verbe : « An nou alé ! » (allons-y !), littéralement « que nous allions ».

Questions fréquentes

Vaut-il mieux apprendre des phrases entières ou du vocabulaire ?
Des phrases entières, au début. L'assemblage mot à mot suppose des règles que le débutant n'a pas encore acquises, et l'intuition française le conduit régulièrement à des constructions fausses.
Comment se forme le conditionnel de politesse ?
Par la combinaison de deux marqueurs placés devant le verbe. C'est une bonne illustration du principe général : des éléments simples se combinent pour produire des valeurs complexes.
Certaines expressions sont-elles intraduisibles ?
Oui, notamment un cri d'alerte propre aux Antilles qui n'a pas d'équivalent fonctionnel en français. Il s'apprend comme une unité, sans chercher de correspondance mot à mot.