Les adjectifs et les couleurs en créole martiniquais
Les adjectifs créoles sont invariables : ni masculin, ni féminin, ni pluriel. « Bèl » sert pour tout.
39 entrées en graphie GEREC-2.
ParPaul-Henri Dufourcq· mis à jour le
| Français | Kréyòl matinik |
|---|---|
| grand | gran |
| petit | pitiaussi accepté : ti |
| gros | gwo |
| long | long |
| court | kout |
| beau | bèl |
| belle | bèl |
| laid | lèd |
| bon | bon |
| mauvais | move |
| neuf | nèf |
| vieux | vyé |
| jeune | jenn |
| fort | fò |
| faible | fèb |
| rapide | rapid |
| facile | fasil |
| difficile | difisil |
| content | kontan |
| triste | tris |
| fatigué | las |
| malade | malad |
| propre | pwòp |
| sale | sal |
| plein | plen |
| vide | vid |
| blanc | blan |
| noir | nwè |
| rouge | wouj |
| jaune | jòn |
| vert | vèt |
| bleu | blé |
| beaucoup | anchayaussi accepté : an chayforme martiniquaise ; « anpil » est haïtien et ne doit jamais sortir |
| un peu | tibwenaussi accepté : ti bwen |
| vite | vitman |
| doucement | dousman |
| tout | tout |
| rien | ayen |
| chose | bagay |
Aucun accord, dans aucun cas
L'adjectif créole est invariable. Il ne s'accorde ni en genre, puisque le genre grammatical n'existe pas, ni en nombre, puisque le nom lui-même ne porte pas de marque de pluriel. Une seule forme suffit donc dans toutes les situations.
Pour un francophone, la difficulté n'est pas d'apprendre cette règle mais de cesser d'appliquer l'autre. L'accord est un réflexe profondément installé, et il ressort dès qu'on parle vite. C'est l'une des erreurs qui trahissent le plus sûrement un débutant, sans jamais gêner la compréhension.
Le gain est réel : là où le français demande de retenir quatre formes pour un adjectif, le créole en demande une. Ce thème est donc, avec celui des verbes, l'un de ceux où l'apprentissage rend le plus.
Les quantités, et le piège de la variété
Les adverbes de quantité méritent une attention particulière, car c'est là que se joue une différence nette entre créoles. Le mot martiniquais signifiant « beaucoup » n'est pas celui qu'emploie le créole haïtien, et la confusion est d'autant plus fréquente que les outils de traduction généralistes servent systématiquement la forme haïtienne.
Employer la forme haïtienne en Martinique ne bloque pas l'échange : elle est comprise. Mais elle est aussi immédiatement identifiée, et c'est précisément le genre de détail qui signale qu'une phrase a été produite par une machine plutôt qu'apprise.
À l'autre extrémité de l'échelle, le mot signifiant « un peu » offre un bel exemple de formation imagée à partir du français, dont l'origine se devine une fois expliquée. Les couleurs, elles, sont presque toutes héritées du français et ne demandent qu'un effort d'orthographe.
À savoir
- « Anchay » (beaucoup) est la forme martiniquaise. « Anpil » est haïtien.
- « Tibwen » signifie un peu. Il vient de « petit brin ».
- Les adjectifs créoles ne s'accordent ni en genre ni en nombre : « bèl » sert pour « beau » et « belle », « gran » pour « grand » et « grande », sans marque distincte.
- Les couleurs de base — « blan », « nwè », « wouj », « jòn », « vèt », « blé » — sont directement héritées du français, avec une prononciation et une graphie propres au créole.
- « Vitman » et « dousman » (vite, doucement) se forment sur le même schéma, un adjectif suivi d'une terminaison en « -man » qui rappelle le « -ment » adverbial français, sans en être la copie exacte.
Questions fréquentes
- Les adjectifs s'accordent-ils en créole martiniquais ?
- Jamais, ni en genre ni en nombre. Une seule forme couvre tous les cas, ce qui simplifie considérablement l'apprentissage par rapport au français.
- Comment dit-on « beaucoup » en créole martiniquais ?
- Le martiniquais a sa propre forme, différente de celle du créole haïtien que servent le plus souvent les traducteurs automatiques. C'est l'un des mots où la confusion entre créoles est la plus visible.
- Les couleurs sont-elles différentes du français ?
- Les couleurs de base viennent du français et se reconnaissent facilement. Seules leur prononciation et leur graphie, fixée par le GEREC, diffèrent.