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Kréyòl Matinik

Les pronoms personnels du créole martiniquais

Six pronoms, aucun vouvoiement, aucune distinction de genre à la troisième personne. Le système est plus simple que le français — et il révèle immédiatement de quelle île vient celui qui parle.

Le tableau complet

FrançaisCréole martiniquais
jeman (aussi an)
tuou
il, ellei
nousnou
vouszòt
ils, ellesyo

« I » ne distingue pas le masculin du féminin. Rien dans la phrase ne dit s'il s'agit d'un homme ou d'une femme : seul le contexte l'indique.

Pas de vouvoiement

« Zòt » est un pluriel, pas une marque de politesse. On s'adresse à une personne âgée avec « ou », exactement comme à un enfant. Le respect passe ailleurs : par le ton, par « misyé » et « madanm », et par le fait de saluer en premier.

Les formes réduites

Après une voyelle, plusieurs pronoms s'élident et s'accrochent au mot précédent par une apostrophe. C'est la forme normale à l'écrit comme à l'oral.

  • Man enmen'w

    Je t'aime

    'w pour « ou »

  • Man wè'y

    Je le vois

    'y pour « i »

  • Sa ki ta'w

    Ce qui est à toi

Le marqueur d'origine

La première personne est le meilleur indicateur géographique du créole antillais. Le martiniquais dit « man », le guadeloupéen « an », l'haïtien « m » ou « mwen » en position sujet. Une seule syllabe suffit à situer un locuteur.

C'est aussi le premier point sur lequel une traduction automatique dérape : les modèles, entraînés majoritairement sur du créole haïtien, produisent spontanément des formes qui ne sont pas martiniquaises.

Questions fréquentes

Comment dit-on « je » en créole martiniquais ?
« Man ». La forme « an » existe aussi mais est surtout guadeloupéenne, et « mwen » en position sujet est haïtien.
Existe-t-il un vouvoiement en créole martiniquais ?
Non. On emploie « ou » avec tout le monde. Le respect s'exprime par le ton et par les termes d'adresse comme « misyé » et « madanm ».